LES ENTREPRISES AU CŒUR DE LA REFORME INITIEE PAR LES ACTEURS PUBLICS ET LE MOUVEMENT SPORTIF : REALITE OU FICTION ?

A l’heure des bilans, le fait marquant de l’année 2018 reste à n’en pas douter l’accélération soudaine du mouvement de réforme de la « gouvernance du sport ». Comme chacun le sait maintenant, la réforme en cours concerne principalement la coordination et l’efficience des missions confiées aux différents acteurs du mouvement sportif, soutenus par l’Etat et les collectivités locales : Comment faire mieux avec des moyens en diminution constante depuis plusieurs années et ce, tout en ayant de nouvelles ambitions ?

 

Cette équation paraît pour le moins difficile à résoudre. Mais toute démarche créative et innovante dans ce domaine devra nécessairement prendre en compte la diversité des pratiques physiques et sportives pour pouvoir embrasser l’ensemble de la demande.

 

Plus que jamais, l’objectif est de remettre à nouveau les attentes des pratiquants eux-mêmes au centre des préoccupations des organisateurs du sport, compétitif ou de loisir, sous toutes ses formes.

 

En particulier, les rapports avec les entreprises, que l’Agence nationale du sport prévue pour le 1ermars 2019 semble vouloir intégrer dans son projet, tant au travers de leurs salariés que de leurs dirigeants, sont devenus un champ prioritaire de développement que le mouvement sportif devra investir davantage et sans tarder car divers acteurs privés se positionnent déjà dans ce secteur, avec forcément des moyens différents mais néanmoins un vrai savoir-faire de la part des associations.

 

Tout d’abord une partie croissante des salariés exprime spontanément le souhait de pouvoir pratiquer, quels que soient son niveau et ses motivations, une activité physique et sportive au sein de leur entreprise. Ce phénomène nécessite, au-delà de l’organisation interne de l’entreprise, à la fois un accès à des infrastructures adaptées, si possible dans un périmètre géographique relativement proche, et le recours à un encadrement par des professionnels qualifiés et diplômés.

 

Ensuite, les dirigeants d’entreprises, surtout lorsqu’ils pratiquent eux-mêmes mais pas seulement, perçoivent aisément l’apport bénéfique, tant sur le plan de la gestion du personnel que sur le plan du bien-être des salariés et de la prévention des risques professionnels, que peut constituer une offre d’activités physiques et sportives au profit de leurs collaborateurs. La quête de sens, exprimée notamment par les nouvelles générations, et plus généralement la fidélisation des salariés, pourraient aussi passer par là.

 

Sur ce sujet, outre le récent colloque organisé à l’Assemblée nationale par le groupe Etude sport sur le thème « L’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 se construit aujourd’hui », d’autres députés ont également pris l’initiative de déposer une proposition de loi qui sera prochainement discutée permettant, si elle est adoptée, de favoriser par un système d’exonération de cotisations sociales la prise en charge par l’employeur de tout ou partie du coût lié à l’accès à des installations sportives au profit des salariés.

 

Tout cela peut en outre contribuer à l’augmentation escomptée du nombre de pratiquants réguliers en France dans les prochaines années.

 

Il y a sans doute une convergence possible entre les intérêts et les objectifs de ces différents acteurs socio-économiques en réfléchissant à la manière d’ouvrir davantage l’accès à la pratique au sein des associations sportives à un nouveau public, grâce à une offre plus diversifiée en imaginant des formules originales destinées aux licenciés et aux non-licenciés, et en créant des nouveaux partenariats avec les entreprises, et donc en définitive, de nouvelles sources de financement.

 

Benoît DUMOLLARD